photos de deux femmes en train de lire une déclaration lors d'un rassemblement pour la lutte des droits des femmes à Saint-Lô le 6 mars 2026

Lors du rassemblement intersyndical pour la lutte des droits des femmes, vendredi 6 mars 2026 devant la médiathèque de Saint-Lô, Céline et Marie, deux représentantes syndicales locales prenaient la parole pour dénoncer les inégalités femmes-hommes dans le monde professionnel.

Aujourd’hui, on ne va pas se mentir : l’égalité femmes–hommes au travail, on en parle partout… mais sur le terrain, on la cherche encore. Dans les fiches de paie. Dans les plannings. Dans les promotions. Dans la façon dont on traite une collègue enceinte, une mère, une aidante, une contractuelle, une salariée à temps partiel. Finalement, ce qu’on trouve, ce sont des obstacles que certains finissent par trouver “normaux”.

Dans la fonction publique, on aime dire qu’on est exemplaires : des règles, des statuts, des procédures. Alors si même ici l’égalité n’est pas réelle, ça dit quelque chose de la profondeur du problème. Parce que les inégalités ne sont pas seulement des “erreurs” ou des “accidents”. Elles sont structurelles. Et elles pèsent sur le quotidien… comme sur toute une carrière.

On connaît la réalité : des métiers très féminisés, essentiels, mais sous-valorisés. Des postes pénibles, souvent invisibles, au cœur des services publics : entretien, écoles, petite enfance, social, médico-social, EHPAD, animation… On les applaudit quand il y a une crise, et puis on les oublie quand il faut reconnaître. Et ce manque de reconnaissance, il se paye : sur les salaires, sur la santé, sur l’avenir.

Et puis il y a le temps partiel. On en parle comme d’un “choix”. Mais trop souvent, c’est du non-complet, de l’incomplet, du subi, faute de postes à temps plein. Et là encore, ce sont majoritairement des femmes. Conséquence : rémunérations trop faibles, carrières morcelées, évolutions freinées… et au bout du compte, des retraites amputées. Un vrai mécanisme de précarisation !

On peut aussi parler des écarts dans les salaires… Pas toujours visibles, pas toujours assumés, mais bien réels. Et ils se creusent quand une part grandissante de la rémunération dépend des primes ou de critères flous, subjectifs, qui pénalisent celles qui ont des contraintes (enfants, horaires, interruptions…).

Nous, on veut du concret. Des postes à temps complet et pas une organisation qui “fabrique” du temps partiel féminin. On veut que la maternité et les congés parentaux ne soient pas des trous dans la carrière, mais des périodes reconnues, sans pénaliser l’avancement. On veut une vraie revalorisation des métiers féminisés, comme dans le médico-social et l’animation, parce qu’on ne peut pas parler d’égalité en laissant ces métiers dans l’ombre.

Enfin, il faut le dire : l’égalité, ce n’est pas seulement une affaire de “comportements” ou de bonnes intentions. C’est une question de choix politiques et de moyens. Quand on manque de personnel, quand on compresse les budgets, quand on tire sur les équipes, ce sont souvent les métiers féminisés qui encaissent le plus. Et quand les conditions se dégradent, les inégalités se creusent.

Alors aujourd’hui, on ne demande pas des hommages. On demande des droits effectifs : des rémunérations justes, des promotions transparentes, des postes stables. Et un service public qui protège celles qui le font vivre.

L’égalité femmes–hommes au travail, ce n’est pas “un sujet parmi d’autres”. C’est un révélateur de justice. Parce qu’on ne veut plus que les femmes portent, en plus du travail, le poids des inégalités.